Les DRH googlent les candidats
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Plus les candidats se servent de l’Internet de façon intensive, plus ils révèlent d’informations sur leurs hobbys, leurs habitudes et eux même. Cela peut-être désavantageux pour les candidatures, car les responsables du personnel googlent les candidats. Il s’agit donc de garder son identité en ligne. [25.08.2008]
Plus des trois quarts des Suisses utilisent l’Internet lors de la recherche d’emploi. D’après un sondage réalisé par le cabinet de recrutement Kelly services, cela fait quand même 77 pour cent des Suisses, ce qui place la Suisse au cinquième rang en Europe. La moyenne européenne est de 68 pour cent.
Mais dans l’autre sens ? A quel point les entreprises utilisent-elles l’Internet pour trouver des candidats adéquats et à la rigueur pour obtenir des informations qui ne se trouvent pas dans le dossier de candidature ?
En Allemagne, le contrôle Google est courant
En Allemagne, un sondage de l’association des conseillers d’entreprises a mis à jour que 28 pour cent de 270 chefs du personnel interviewés se servent régulièrement du moteur de recherche afin de trouver les points faibles. Et plus de la moitié (57 pour cent) des décisionnaires a déjà rayé des candidats du procédé de candidature à cause des résultats.
En Suisse, les renseignements varient
En Suisse, cela ne semble pas aussi explicite. Dans l’Union patronale Suisse, le sujet est inconnu. « C’est la première fois que j’en entend parler », nous dit Hans Reis, membre de la direction et chef d’information de l’association. Il rappelle que l’association elle-même ne s’occupe pas de la recherche de personnel. « Nous n’y sommes pas confrontés directement », explique Reis.
Roberto Busin, membre directeur de l’Asco Association of Management Consultants Switzerland, s’exprime différemment : « Je ne connais presque personne qui ne le fasse pas », estime-t-il. En revanche, il ne peut pas dire dans quelle mesure cette vérification google d’un CV a une influence sur le jugement du candidat.
Les DRH cherchent des informations supplémentaires
Si l’on tend ses oreilles dans le monde des entreprises, les renseignements varient. La plupart du temps, on cherche des informations supplémentaires sur les candidats. Des choses vraiment désavantageuses pour les candidats n’apparaissent que plutôt rarement. Par exemple, chez IMB Suisse, l’Internet est un instrument central pour la recherche de personnel. Tous les postes sont publiés via internet et on n’accepte même que les candidatures entrant par Internet, comme le dit Susan Orozco, l’attachée de presse. Cela facilite le processus de recrutement ultérieur.
Toutefois, IBM ne va pas de lui-même sur le Net à la recherche de données sur les candidats. « Cela ne fait pas partie du procédé », constate Susan Orozco. Elle ne veut certes pas exclure que certains supérieurs cherchent parfois le nom d’employés sur Internet, « mais cela ne fait sûrement pas partie du procédé standard. »
Novartis contrôle les thèses de doctorat sur le web
En revanche, il n’en est pas de même chez la multinationale pharmaceutique Novartis : Pour des positions exposées, il arrive que l’on « google » , nous fait savoir Michael Schiendorfer, le porte-parole de l’entreprise. En premier lieu, on utilise l’internet pour vérifier des données déjà indiquées par le candidat telles que la thèse de doctorat ou des publications scientifiques. Si des contradictions apparaissent, le candidat y sera confronté pendant l’entretien.
Résultat fréquent de recherche : engagement dans la politique et le sport
Gerold Guggenbühl, du cabinet de recrutement Guggenbühl & Bächer Recruitment spécialisé dans les experts de la finance, utilise Google également de façon ciblée pour obtenir des informations complémentaires sur les candidats. Avant un entretien, il tape le nom des candidats sur le moteur de recherche, juste pour en apprendre plus sur un candidat. Il découvre souvent de l’engagement dans le sport ou la politique ainsi que dans diverses associations.
« En ce qui concerne les informations professionnelles, on ne trouve pas grand-chose de nouveau », constate-t-il. Et Google n’a pas mis de faits vraiment négatifs à jour jusqu’ici. « Les banquiers ne sont pas les types les plus fous, c’est comme ça », nous dit Guggenbühl en souriant et ajoute : « ou ils se déplacent plus discrètement. » En affaire d’informations qualifiant pour la profession, ce sont les réseaux pour la carrière qui jouent un bien plus grand rôle. « Parfois, c’est vraiment fructueux et on découvre de bons candidats », dit-il. Même les responsables du personnel utilisent ce canal afin de trouver des nouveaux employés de façon ciblée.
La plupart du temps, l’examen est bien intentionné
Roman Huber, de Roy C. Hitchman AG, cabinet spécialisé sur les cadres supérieurs, utilise également ces plateformes de réseau. « Sur Google, je ne procède que de façon très sélective », nous dit Huber. La plupart du temps, il se renseigne sur les orateurs de conférence ou les entreprises qui s’assurent ses services. En ce qui concerne les candidats pour des postes, Google n’est pas employé régulièrement. C’est le cas pour environ cinq à dix pour cent des cas, et l’examen se fait surtout pour compléter ses connaissances sur la personnalité que pour chercher un impair virtuel.
« Pour moi, il s’agit avant tout d’être à jour », constate Huber. Avec cela, il pense à la saisie de tous les éventuels clients et les appartenances d’un candidat à des organisations. Une seule fois, la vérification s’est moins bien terminée, lorsque le nom d’un candidat est apparu dans l’extrait de registre de commerce pour son propre bureau de consultants, mais qu’il ne l’avait pas mentionné dans son CV. Pendant l’entretien personnel, Huber expliqua au Monsieur qu’il aurait dû l’informer sur de telles activités secondaires.
L’université de Saint-Gall conseille l’épuration du profil en ligne
Toutefois, à l’université de Saint-Gall, on sait que certaines entreprises procèdent à une vérification de fond routinière. On conseille aux étudiants de googler eux-mêmes leur nom et d’épurer en conséquence les profils en ligne. Pendant un entretien, on peut tout à fait être confronté avec le matériel trouvé sur Internet.
Les candidats à succès soignent leur image en ligne
L’exemple le montre : cela ne peut pas faire de mal de taper son nom ou son adresse mail dans différents moteurs de recherche. Pour beaucoup de candidats ayant du succès, l’entretien de leur image en ligne fait partie du processus de candidature. Entretemps, différents portails en ligne se sont spécialisés dans la diffusion d’informations positives. Cependant, si un tiers met des données gênantes et identifiables sur le net, l’histoire devient rapidement une affaire pour juristes.
( Alexander Saheb / photo: Stockbyte)

